ADAS : les freinages fantômes fragilisent la confiance des conducteurs
Les systèmes d’aide à la conduite sont désormais largement diffusés dans les véhicules récents. Mais leur fiabilité perçue reste un enjeu majeur. Les interventions intempestives, dont les fameux « freinages fantômes », constituent l’un des principaux facteurs de défiance des conducteurs.
Les systèmes avancés d’aide à la conduite continuent de se diffuser rapidement dans le parc automobile mondial. Pourtant, leur adoption effective reste freinée par un facteur récurrent, celui de la confiance des utilisateurs. Parmi les problèmes les plus souvent évoqués figure celui des interventions intempestives du système, connues sous le nom de « faux positifs ».
Selon une étude réalisée par Boston Consulting Group et Bosch auprès de près de 2 800 automobilistes équipés d’ADAS dans sept pays, plus de 40 % des conducteurs déclarent avoir déjà subi une intervention injustifiée du système pendant la conduite.
Parmi ces faux positifs, le cas le plus emblématique reste celui du freinage d’urgence automatique déclenché en l’absence d’obstacle réel. Ces épisodes, souvent désignés sous le terme de « phantom braking », surviennent lorsque les capteurs ou les algorithmes interprètent à tort un élément de l’environnement comme un danger imminent.
Ces situations ne sont pas seulement perçues comme gênantes par les conducteurs. Elles peuvent également avoir des conséquences plus larges. L’étude souligne que ces incidents ont déjà donné lieu à des enquêtes publiques et à une attention accrue des autorités, dont le France, notamment après plusieurs accidents attribués à ce type de déclenchement intempestif.
Des conducteurs qui désactivent les systèmes
Les effets sur la confiance des utilisateurs sont immédiats. Après avoir vécu une intervention jugée injustifiée, certains conducteurs choisissent tout simplement de désactiver la fonction concernée. L’étude indique que 7 % des automobilistes désactivent définitivement les aides à la conduite après un incident de faux positif. Ce phénomène est encore plus marqué dans certains segments : 16 % des propriétaires de véhicules premium déclarent avoir désactivé la fonction après une intervention injustifiée et 9 % des conducteurs de la génération Z prennent la même décision.
Pour les auteurs de l’étude, ces faux positifs ne constituent pas seulement un problème technique. Ils représentent aussi un enjeu d’image pour les constructeurs automobiles. Les interventions injustifiées peuvent en effet fragiliser la confiance dans les systèmes d’aide à la conduite, limiter leur usage quotidien et réduire leur potentiel économique. Dans un contexte où les constructeurs cherchent à valoriser ces technologies, notamment via des options ou des services logiciels, la perception de fiabilité devient donc déterminante.
La fiabilité, nouvelle priorité industrielle
Face à ces constats, l’étude estime que les constructeurs doivent faire de la fiabilité un pilier central du développement des ADAS. La réduction des faux positifs apparaît comme une priorité, d’autant que ces technologies sont appelées à jouer un rôle croissant dans les futures fonctions de conduite automatisée. Les auteurs soulignent également l’importance de tests en conditions réelles plus représentatifs, afin d’évaluer les systèmes au-delà des environnements contrôlés des pistes d’essai. Dans cette perspective, la gestion des freinages fantômes dépasse la simple question d’optimisation logicielle. Elle constitue un enjeu plus large d’acceptation des technologies d’assistance et, à terme, de la conduite automatisée.
Source : Auto Infos – Décision Atelier
Date : 17 mars 2026
Auteur : Fabio CROCCO
